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Nom: Serge Betsen
Né le 25 mars 1974, à Kumba (Cameroun)
Nationalité: Français
Taille: 182 cm
Poids: 94 kg
Discipline: Rugby (3ème ligne)
Palmarès: Vainqueur du Tournoi des VI Nations (04, 02) et troisième de la Coupe du monde avec la France (03); champion de France avec Biarritz
(02).

Nous sommes à la mi‐janvier 2005, Serge Betsen est convoqué pour des tests physiques avec l’équipe de France à Marcoussis. Au programme, séances de musculation, d’endurance et de vitesse. “Il fallait tout réaliser au cours de la même journée”, se souvient-il. Après la musculation, il enchaîne avec un 1500 mètres pour estimer sa VMA (Vitesse Maximale Aérobie). “Habituellement, elle se situe un peu en dessous de 17 km/heure, ce qui correspond à un chrono d’environ 5’35” sur la distance. Seulement là, j’ai mal géré les temps de passage qu’on m’avait suggérés et j’ai explosé dans le dernier tour.” L’après-midi, Betsen enchaîne avec les tests de vitesse. Après le 10 mètres départ arrêté, il fait des séries de 50 mètres départ lancé. “Au deuxième sprint, j’ai senti une grosse crampe dans le quadriceps et je me suis écroulé. Ce n’était pas vraiment le coup de poignard que l’on évoque habituellement. Mais j’ai aussitôt compris que je venais de me claquer.” Pour un observateur extérieur, l’accident n’avait rien de très surprenant. Le joueur sortait de deux gros matchs européens avec Biarritz et s’était pointé à Marcoussis dans un état d’épuisement total sur le plan physique mais aussi nerveux. “J’étais effectivement susceptible d’être sanctionné pour le supposé croc-en-jambe que j’avais fait à Stuart Abott, le centre des Whasps. Alors, c’est vrai, j’aurais pu effectuer ces tests en préservant mes forces, mais comme je ne jouais
pas le week‐end suivant, j’ai choisi de me donner à fond. De toute façon, je ne suis pas de nature à faire les choses à moitié.” On pourrait aussi trouver matière à redire pour ce qui est de la programmation des exercices. Notamment l’organisation d’une séance de sprints chronométrés dans le froid sur une musculature déjà éprouvée par les exercices du matin. Le joueur lui-même n’est pas exempt de tout reproche. “Effectivement, j’aurais pu enfiler mon survêtement pour rester bien au chaud durant les trois minutes de récupération entre les séries”. Tant pis. Le mal est fait et le kiné de l’équipe de France, présent sur place, appose tout de suite de la glace sur la cuisse de Betsen avant de lui faire un bandage compressif. “Une heure plus tard, je me sentais déjà mieux. En m’appuyant sur des béquilles, j’ai même pu embarquer mon vol retour.” Sans passer d’examens supplémentaires? “A quoi bon? Il faut de toute façon attendre quelques jours que l’hématome se résorbe.” Entre-temps, il poursuit le traitement à base de glace. “Je mettais également du chaud sur les muscles périphériques pour améliorer le retour veineux et permettre au muscle de ma cuisse de se régénérer plus vite”, confie‐t‐il. Il récupère bien. L’IRM qu’il effectue trois jours plus tard achève de le rassurer totalement. “Les examens ont simplement révélé une déchirure de l’aponévrose, l’enveloppe qui entoure le muscle. C’était plutôt une bonne nouvelle. En général, on appréhende l’instant du verdict. On espère toujours qu’il ne s’agit que d’une simple contracture”, explique Betsen dont on apprendra au passage qu’il est détenteur d’un Brevet d’Etat dans les métiers de la forme et qu’il a ouvert son propre centre de remise en forme, le Spa Kémana(*). “Personnellement, j’essaie, à chaque blessure, de rester le plus mobile possible sans dépasser le seuil de la douleur.” Comme il parvenait à courir sans trop de gêne, il a pu reprendre l’entraînement après une dizaine de jours. “J’ai recommencé par un travail spécifique de renforcement musculaire complété par des séances d’étirements avant de reprendre les entraînements collectifs.” Finalement, il a pu tenir sa place, le 13 février, pour affronter l’Angleterre dans le cadre de la deuxième journée du Tournoi des VI Nations. Sa cuisse ne l’a pas gêné, pas plus que les membres de la commission de l’ERC qui avaient entre-temps levé les accusations de blessure volontaire pesant sur lui. Tout aurait pu rentrer dans l’ordre si le Biarrot n’avait été victime d’une seconde déchirure fin avril, à la cuisse gauche cette fois. “Lorsqu’on se blesse dans le sport, on se concentre trop souvent sur la zone meurtrie alors que celle-ci n’est jamais que la conséquence d’un état général du corps”, conclut-il.

Olivier Beaufays

Expertise

Chaque mouvement se caractérise par le coulissement de milliards de fibres musculaires. Il arrive malheureusement que ce bel ordonnancement
soit pris en défaut et que l’intégrité du muscle s’en trouve menacée. Au stade le plus bénin de la blessure, on parle de contracture ou d’élongation. Il s’agit d’un simple désordre histochimique au sein de la fibre. La blessure peut toutefois s’étendre sur de plus larges zones et s’accompagner d’une sensation brutale de coup de fouet. On parle alors de claquage. Dans les cas les plus graves, le muscle se déchire intégralement et l’on devine par palpation, voire dans certains cas à l’œil nu, les phénomènes de rétraction des masses musculaires sous la peau. C’est très douloureux. Face au spectacle désolant d’un muscle meurtri aux teintes violacées, il arrive parfois que la victime fasse un véritable malaise. Mais notre impression sur le moment ne reflète pas forcément la gravité réelle de la situation. Il faut savoir que, de tous les tissus de l’organisme, le muscle est probablement celui qui se répare le plus facilement. Cette extraordinaire capacité de régénérescence explique d’ailleurs qu’on lui a attribué un rôle de fusible quand l’organisme se trouve confronté à un stress trop important. De fait, un claquage ne survient jamais tout à fait par hasard. Le muscle est très dépendant de l’état général de nervosité. Sa blessure peut alors être interprétée comme un signal que nous adresserait notre propre système nerveux pour nous imposer le repos. Certes, on peut aussi identifier une série d’influences extérieures qui auront pour effet de le fragiliser et donc d’accroître la gravité de la lésion. On pense par exemple à la déshydratation ou à l’absence d’échauffement régulièrement cités dans les conseils préventifs des accidents musculaires. Mais le contexte psychique s’avère toujours primordial. Pour le sportif, il est important de reconnaître les signes annonciateurs de blessure pour ne pas mettre celle-ci seulement sur le compte de la fatalité. Cela l’aidera aussi dans le traitement qui ne recèle aucun secret sinon une bonne dose de patience. Juste après l’accident, on conseille d’appliquer des packs réfrigérants ou des glaçons emprisonnés dans un tissu sur la peau avec une périodicité de 10-15 minutes d’exposition au froid et de 40-50 minutes de retour à une température normale. On procède ainsi pendant plusieurs heures. Ce refroidissement va stopper l’hémorragie profonde et insensibiliser la zone douloureuse. Ensuite, on pourra poser un bandage compressif pour limiter l’œdème. On mettra aussi le muscle au repos quitte à surélever
légèrement le membre au cours des premières nuits afin de favoriser le drainage. Pendant quelques jours, aucun autre soin n’est indiqué. On
déconseille même de recourir aux traitements, notamment ceux à base d’anti‐inflammatoires, qui ralentissent les processus de guérison, ou la
prise d’antidouleurs qui masquent les signaux adressés par l’organisme. Dans le même ordre d’idées, il faudra aussi éviter les massages et
autres applications de pommades chauffantes que l’on préconise parfois dans le but de lever l’inévitable “contracture” qui se mettra en place dans le muscle traumatisé. Ce durcissement, palpable sous la peau, signale tout simplement que le muscle tente de se protéger de nouveaux
traumatismes pendant sa période de reconstruction. Le supprimer reviendrait en somme à tirer sur un morceau d’étoffe pendant qu’on est
en train de le recoudre! Efforcez-vous au contraire de tenir compte de tous ces petits symptômes pour organiser la rééducation. Celle-ci débute
après quelques jours par le biais d’exercices légers et d’étirements, en veillant toujours à rester dans les limites de la douleur. On recommande
aussi le travail dans l’eau (aquagym) en raison d’un allégement des contraintes dans l’élément liquide. Progressivement, on évoluera ensuite vers des programmes plus lourds pour regagner de la masse et surtout de la solidité musculaire. On reprendra enfin le cours des entraînements et des compétitions lorsque toute douleur aura complètement disparu. En fonction de la gravité de la blessure, cela peut prendre quelques jours
ou quelques semaines, mais il importe surtout de ne pas se précipiter et bien sûr ne pas se re-blesser au même endroit. Au fil des lésions, il
arrive qu’un muscle conserve la trace des traumatismes précédents et forme une cicatrice qui reste alors comme une zone de fragilité. Le plus grand danger d’une déchirure musculaire, c’est toujours la récidive!

Gilles Goetghebuer

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