B2M

Nom: Franck Proffit
Né le 5 octobre 1963, à Villecresnes
Nationalité: Français
Taille: 178 cm
Poids: 76 kg
Discipline: Voile
Palmarès: Vainqueur de la Transat Jacques-Vabre (99, 03), du Challenge Mondial Assistance et de la The Race sur Club Med en 2001; quintuple
champion du Monde des Equipiers (97, 99, 00, 03, 04).

Nous sommes au large de Fécamp, quelques minutes avant le départ du Challenge Mondial Assistance, à bord du trimaran Groupama. Comme souvent dans cette zone, il y a un peu de vent et la mer est cassante, bref des conditions de navigation assez rudes. Les bateaux manœuvrent sans cesse afin de rester dans la zone de départ avant le coup de canon. Ce travail de positionnement se révèle épuisant, en raison du stress bien sûr, mais aussi du mouvement des vagues. Franck Proffit navigue avec Franck Cammas. Il assure le poste de régleur de grand voile, dans le cockpit, c’est-à-dire face au winch pour pouvoir laisser filer ou reprendre l’écoute. “Soudain, j’ai perdu l’équilibre”, raconte-t-il. “J’ai voulu me rétablir mais il y avait une petite marche et mon genou a heurté quelque chose de dur. J’ai aussitôt senti comme un craquement dans l’articulation. Sur le coup, je n’y ai pas prêté trop attention. Je suis resté à mon poste. Mais plus tard, j’ai voulu marcher sur le filet. Impossible! Je suis retombé comme une masse et cette seconde chute a probablement achevé de tout bousiller!” Dans les heures qui suivent le départ, son genou se met à gonfler énormément. Il décide de joindre le docteur Chauve par téléphone. Après lui avoir posé quelques questions très précises, celui-ci émet un premier diagnostic. “Il m’a tout de suite dit qu’il n’était pas bon pour moi de rester à bord. Mais, curieusement la douleur n’était pas insoutenable et je voulais continuer. Il m’a alors expliqué comment m’y prendre pour immobiliser l’articulation.” Il faut savoir que chaque bateau dispose à son bord
d’une trousse à pharmacie conçue et préparée par le docteur Chauve pour répondre à la plupart des situations d’urgence. Elle comprend, entre autres choses, des bandes de strapping et des attelles. Avant chaque grande course, les navigateurs suivent également un petit stage pour acquérir les réflexes élémentaires de secourisme. “Je suis parvenu à me bloquer le genou et j’ai pu continuer la course pendant trois jours, en
évitant toutefois de marcher sur le filet.” Finalement, c’est le bateau qui a eu raison de son courage. Le trimaran a démâté, contraignant les deux hommes à l’abandon. Quatre jours après l’accident, Franck Proffit rejoint la terre ferme et prend immédiatement contact avec le service de chirurgie orthopédique du professeur Saillant, à l’hôpital de la Pitié-Salpetrière, à Paris. “C’est là que Ronaldo a été opéré”, précise-t-il.

“A l’époque, j’avais peur que le diagnostic ne mette fin à ma carrière sportive. En même temps, je voulais être sur pied pour la Transat Jacques Vabre qui débutait en novembre, c’est-à-dire cinq mois à peine après mon accident. Je n’avais donc pas beaucoup de temps.” Proffit rencontre le docteur Rolland pour qui l’opération ne constitue pas une priorité et conseille un programme de renforcement musculaire afin de compenser la défaillance ligamentaire. “Au début, je portais aussi une attelle, moulée sur mon genou, qui me donnait plus de stabilité. Fin octobre, j’étais d’attaque pour la course que nous allions d’ailleurs remporter, Franck Cammas et moi. J’avais alors renoncé à porter l’attelle. On ne peut pas se permettre de traîner la patte dans une épreuve comme la Jacques Vabre. Finalement, tout s’est bien passé. Il faut dire qu’en compétition, la motivation est plus forte que tout.” Au mois de décembre, il subit une petite intervention pour enlever des bouts de ménisque perdus ça et là dans le genou meurtri. Le docteur Rolland profite de l’anesthésie pour tester l’articulation dans toutes les positions. Il mesure un “tiroir” de 8 à 9 millimètres. Sans se résoudre pour autant à la plastie ligamentaire. La rééducation semblait porter ses fruits, alors… “Aujourd’hui, je fais tout pour éviter qu’un tel accident se reproduise”, explique Franck Proffit. “J’accorde plus d’importance à la préparation physique et au renforcement musculaire qui font pas mal défaut dans notre discipline.” Il n’est effectivement pas le seul marin en délicatesse avec ses genoux. Alain Gautier et Franck David ont connu le même genre de problème la saison dernière. Depuis quelques années, on constate même une flambée des traumatismes articulaires chez les navigateurs. “Normal”, conclut Franck Proffit. “Nous allons plus vite qu’avant et les chocs sont aussi beaucoup plus violents, notamment l’impact des vagues lorsqu’on se déplace sur le filet.” Moralité: il n’y a pas que les bateaux qui devront se renforcer à l’avenir. Les hommes aussi!

Dominique Lair

Expertise

Face à une entorse du genou, la décision d’opérer n’est pas toujours la meilleure. On peut opter pour un traitement dit fonctionnel qui consiste à immobiliser l’articulation et reprendre ensuite avec un travail de rééducation. Six semaines de plâtre suffisent normalement à cicatriser les ligaments latéraux et à réparer certaines petites lésions méniscales. Pour un ligament croisé, les choses sont un peu plus compliquées dans la mesure où, lorsque le ligament est vraiment rompu, les mèches sont digérées par l’organisme et aucune reconstruction spontanée n’est possible. On peut cependant pallier cette absence par un renforcement spécifique de la musculature de la cuisse (surtout les ischios-jambiers) lors d’un programme de rééducation de 4 à 6 mois avant de reprendre la carrière sportive, même au plus haut niveau. Tout le problème réside alors dans le comportement du genou à long terme. Là, les avis divergent. Certains spécialistes soutiennent qu’un genou non opéré fera plus vite de l’arthrose; d’autres prétendent le contraire. Difficile d’y voir clair. D’autant que les ruptures de ligaments croisés s’accompagnent souvent d’autres lésions, notamment au niveau des ménisques (+/- 70% des cas) qui jouent eux-aussi un rôle essentiel en matière d’usure cartilagineuse. Pour rappel, il s’agit de petits coussinets ultra-résistants, de la taille d’une pièce de monnaie, légèrement plus épais sur les bords qu’en leur centre. -Cette forme incurvée leur permet de s’intercaler dans les condyles fémoraux et le plateau tibial, un peu comme un coquetier fait tenir l’œuf en équilibre sur une assiette. Les ménisques remplissent donc un double rôle de cales et d’amortisseurs, assurant tant la stabilité de l’articulation qu’une répartition égale des forces de pression. Ils sont maintenus en place par une série de ligaments, mais jouissent tout de même d’une certaine liberté de mouvements. Si l’on tend la jambe, ils glissent en avant et si l’on plie le genou, ils sont poussés vers l’arrière. Cette mobilité
les met normalement à l’abri d’une prise en étau entre le fémur et le tibia. Malheureusement, il arrive que, lors d’un faux geste, ils se retrouvent broyés par la machine. Cette déchirure produit un pincement caractéristique sur le côté du genou avec parfois des sensations de blocage. L’ennui, c’est que ce type de pathologie guérit mal ou pas du tout. A l’âge adulte, les ménisques ne sont presque plus irrigués et sont, par conséquent, incapables de cicatriser naturellement. Par la microchirurgie, on s’efforcera alors d’aller découper les fragments qui “traînent” dans la jointure avant de les aspirer via de fines canules. On évite ainsi l’ablation totale du ménisque comme elle se pratiquait autrefois. Avec le recul d’une dizaine d’années, on s’est aperçu que cette intervention était génératrice d’arthrose. Même blessé, il vaut mieux laisser le ménisque en l’état et attendre que se forme un dépôt de tissu conjonctif, puis fibreux, qui ne possède pas les mêmes propriétés que le ménisque d’origine mais en assure, bon an mal an, les fonctions. Enfin, toutes les tentatives de transplantation de ménisque de cadavre, n’ont jusqu’à présent, pas donné de résultats concluants. Quant aux prothèses méniscales, on approcherait d’une solution. Attendons voir.

Dr Christian Daulouède

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